Sandra, jeune femme de 21 ans, mariée (avec Miguel, voir photos de la minga... Attention, Miguel est un preénom très répandu ici!), mère d'une jolie petite fille, Anaïs, 1 an. Sandra est une pure Mirandaise. Admirez son beau visage aux traits indigènes ! Elle est étudiante prof des écoles et, contrairement aux gens du cru, n'a pas sa langue dans sa poche !
Elle seconde Maria dans sa classe tous les jours, et suit ses cours par correspondance avec quelques rencontres de temps en temps à la fac. Premier semestre réussi haut la main ! La señora s'en sort avec un 9/10 de moyenne...
Et cette fonceuse ne s'en tient pas là... Outre les préoccupations éducatives, elle partage aussi celles du quartier, quotidiennement, avec Maria. Depuis le changement de directiva début janvier, Sandra est secrétaire de Miranda Grande. Elle n'a pas attendu d'être choisie pour être active et affronter les soucis du barrio mais tout change maintenant que sa voix est officielle !
La tâche n'est pas simple et un peu plus d'un mois après sa nomination, elle se rend compte des difficultés. Les gens de Miranda Sud sont d'autant plus mauvais qu'ils se retrouvent face à une direction de quartier active et soutenue. La bataille est loin d'être terminée. Et Sandra est très jeune...
Publié par cguaquiere à 17:33:32 dans Galerie de portraits | Commentaires (0) | Permaliens
Odile, qui connaît l'Equateur depuis 10 ans, y vit depuis 4 ans avec Efrain, natif de Quito, son amoureux...
Ils sont installés dans un joli apart fait maison (drôle pour un apart, non ?) au 4 étage d'une maison familiale, au sud de Quito. Vous les voyez tous les deux sur la photo qui précède mais aussi bien d'autres, sur les films etc.
Odile travaille avec moi à Miranda, officiellement 3 jours par semaine, mais rallonge souvent la sauce parce que 3 jours, c'est court... Et qu'elle aime bien Miranda !
Elle a des idées, du vécu, de la diplomatie. Sa présence nous permet de prendre du recul sur les activités, projets, l'organisation, les idées, les comportement des enfants. Au quotidien, elle oriente la pédagogie de Dany qui s'occupe du parvulo, met en place des ateliers dans la classe de Maria. Elle se penche depuis quelques temps sur des thèmes à aborder en réunions de parents. Tout cela entre autres choses, évidemment.
Odile, c'est aussi très souvent le week-end... La porte de sa maison/ apart de Quito m'est très souvent ouverte, et les petits dèj y sont pantagruéliquement fameux. Les vadrouilles ensemble, on ne compte plus ! Depuis 4 mois que je suis ici, on en a fait de belles...
Publié par cguaquiere à 17:28:41 dans Galerie de portraits | Commentaires (0) | Permaliens
Week-end, tranquille à Miranda sous un soleil estival. Samedi matin, je me rends à La Arménia, derrière Conocoto où se trouve un centre de santé catho qui propose la stimulation temprana pour les enfants de 0 à 3 ans. Beaucoup trop de choses en même temps pour ces petits bouts qui semblent ne plus savoir où donner de la tête et des jambes... Mais autant d'idées à prendre ! Sur les 6 enfants vus en trois séances, une petite tête connue, celle d'Ariel, petit Mirandeño, fils de Rolando et Piedad. Je souffle à cette dernière que j'aurai besoin de son expérience pour m'aider à mettre en place des séances de ce type à Miranda même. Elle est partante !
En attendant, va falloir que je révise les étapes de développement qui concernent ces âges là et réunir un minimum de matériel.
Dimanche, minga. Cette fois-ci, je retrousse mes manches. A 7h, la campana sonne le départ mais il manque toujours quelques retardataires, dont, cette fois, notre président... Moi, je me sens bête parce que je n'ai pas d'outil. Les sœurs m'ont bien donné le trousseau de leur maison mais il manque celle de la barrière d'entrée... Finalement, on se met en route, une fois Nelson arrivé. Il propose que 4 personnes restent là, pour arranger le terrain aux abords de l'église et que tout le reste, c'est à dire un bon paquet, le concentre sur les fossés d'un chemin plus au sud (nous allons en terrain « ennemi »). Fait froid se matin avec les nuages, mais ça donne de belles images que mon appareil photo ne prendra pas bien. En passant devant chez Miguel, je hèle ses enfants jouant tranquillement avec une pelle pour qu'il me la prête, cette même pelle. Très drôle, Nelson n'en revient pas que j'ai trouvé une pelle (lui aussi a l'air bête sans outil et en chemise blanche) il m'en prive le temps de me montrer comment m'en servir et Miguel au loin l'interpelle : « Où as-tu trouvé cette pelle ? ! ». Zut, pas eu le temps de le prévenir de l'emprunt. Trop drôle de voir qu'au milieu de la masse des travailleurs à pelles, il a reconnu la sienne ! Je m'en souviendrais à l'avenir. Un pasteur reconnaît ses brebis et ses pelles le connaissent ! Bref, on se met au boulot et il y en a du boulot. Ca pioche, pellète, machète... Arrivés en bas, tournée de chicha. Un peu pétillante mais sans alcool. Désillusion plus tard, au moment où les bouteilles sortent comme par miracle des poches. Il fait chaud le soleil cogne et petit dèj loin, inutile de dire que très vite, les têtes tournent mais la minga se terminera plus tôt que prévu. Le fossé est vraiment trop infâme, marre de marcher dans la fange et de s'en prendre plein la figure.
Sympa la minga. Voir les photos sur http://picasaweb.google.fr/LaGuaq/MingaII Bonne ambiance, travail dur. Je reste effarée de voir que toutes les occasions sont bonnes pour ouvrir quelques bouteilles et se bourrer la gueule. Il y a du boulot de ce côté là chez les jeunes comme chez les vieux et très vieux. Bonjour l'exemple !
La belle journée se termine sur une affreuse nouvelle. Un enfant est mort. Ariel, 10 mois aujourd'hui, fils de Jaime et Janet. Le couple était la veille même sur le parvis de l'église, avec leurs deux enfants, à s'affairer, ne pouvant être de la minga le dimanche. Maladie fulgurante. Maria est toute secouée. Elle accompagnait depuis quelques mois le couple pour la préparation de leur mariage et du baptême de leur deux enfants.
Ce dimanche soir, le glas sonne à 22h30. Et résonne encore le lendemain à 6h.
On enterre très vite ici. Lundi, on apprend donc que l'enterrement aura lieu à 13h à Amaguaña, cimetière le plus proche, à 2 bonnes heures à pied de Miranda. Maria ne peut marcher (elle ne sait pas encore que nous convoierons en bus). Je me fais représentante de la communauté pour rencontrer la famille, que je ne connais que de loin. Je laisse ma classe à Maria pour descendre un peu plus tôt et ne pas rater le départ de 11h30. A la maison, le corps est exposé dans son cercueil. Poupée de cire au joli visage. Les gens sont assis autour de la pièce de blocs et béton bruts. Quelques hommes et femmes sont déjà bourrés et partagent leur boisson alentours. L'un d'entre eux me hèle pour me demander de dire quelques mots près du corps. Je lui dis gentiment que je ne suis pas hermanita et prends ces paroles pour celles d'un soûl, pourtant d'autres les relaient : « por favor hermanita ! », je ne suis pas hermanita. Ca, impossible de les en défaire. Je demande à voir les parents -à ce moment, je n'ai pas encore repéré qui était ce couple-, après les quelques mots échangés, la maman me demande elle même une prière. Les regards sont tournés sur moi, lourds. Bueno, je ne suis pas hermanita mais on peut quand même faire une prière ensemble ! « Si, por favor, hermanita ». Moi qui n'aime pas improviser les prières en public, je suis servie... Au signe de croix, tout le monde se lève. Heureusement que l'Esprit Saint est en action pour me souffler les mots qu'il faut. J'essaie de parler fort pour que tout le monde entende mais je suis émue. Enfin, la prière s'achève dans les paroles de l'Ave Maria. On sent comme un soulagement dans la pièce au milieu des « Gracias hermanita » ; intense moment comme rarement il se vit que ce bout de prière vécue dans ce bout de maison au bout du monde.
Ensuite, l'attente au milieu des conversation à mi-voix, des éclats de rires imbibés, de quelques blagues pas très gracieuses autour du cercueil. A midi moins le quart, on se met en route. Un homme, pas très frais, prend le cercueil sous son bras. Le coffret est glissé à l'arrière d'une camionnette et les gens s'engouffrent à sa suite, tout autour. Je monte dans l'autre camionnette, avec le reste du cortège funèbre. On doit être plus d'une vingtaine à peser sur l'essieu... Juste le temps de descendre en bas de Miranda. Je quitte la camionnette avec 5 autres d'entre nous pour continuer le trajet en bus.
Après une messe bien tristoune, on se rend au cimetière. Le ciel est bleu, le soleil s'en donne à cœur joie. Au pied de la tombe, un homme entonne une chanson, accompagnée des pleurs maternels. Et on recouvre de terre le petit cercueil. Adieu petit ange.
Tout Miranda en est encore abasourdi. Les médecins ont autopsié mais n'ont rien trouvés. Les parents sont donc repartis avec le corps de leur enfant dimanche soir. Lundi, Maria reçoit des appels d'un docteur inquiet qui pense à une méningite ! Mardi matin, la police nous a amené un médecin pour un traitement préventif de l'entourage du petit défunt. On nage dans le flou. A l'école, absentéisme des cousins d'Ariel qui vont consulter, au cas où ce petit rhume n'en cacherait pas un plus fatal.
L'arrivée de Céline nous change vite les idées. Nous partons Odile et moi vers 18h de Miranda avec un joli panneau « Bienvenida Celina » sous le bras, texte tête en bas. Des gens se tordent le cou pour lire mais déjà, à Miranda, beaucoup de monde est au courant de son arrivée. Et grâce à notre panneau, tout Quito aussi. On passe la soirée chez le frère de Sandrine qui habite à deux pas de l'aéroport. La voilà qui arrive, via Miami. Horreur. Ne jamais prendre Américan Airlines ! Et ça n'a rien de l'anti-américanisme primaire ! Tous les volontaires et touristes rencontrés, qui sont passés par cette compagnie, ont eu des soucis. J'attendais de voir comment ça se passerait pour Céline et Céline est arrivée sans ses bagages et les récupérera deux jours plus tard... Si tout va bien. Holàlà, mieux vaut ne pas penser à notre fromage...
Mais bon, elle est là, un peu dans le pâté, avec un programme de fous pour ses 15 jours parmi nous. Elle rencontre l'archevêque de Quito dès le lendemain de son arrivée, dans la matinée, après 3 petites heures d'un petit sommeil mais Céline est fidèle à son fantôme qui rôde à Miranda depuis son départ, avec une volonté telle que ses capacités physiques suivent. Rien ne l'arrêtera donc ?
Ah oui, autre noticia, ça y est, je commence le potager. On est loin du compte mais les semillas sont là, le terrain retourné, Merci les Maria et il n'y a plus qu'à!
Publié par cguaquiere à 17:19:16 dans Miranda | Commentaires (0) | Permaliens
Comme tous les carnavals, ceux d'ici, qui ont lieu dans tout le pays, précèdent le carême. Jours de folies hauts en couleurs avant les privations. Depuis plusieurs jours il est dangereux de prendre le bus où marcher tranquillement dans les rues. On risque à tout moment de se prendre une bombe à eau dans la figure. Mais nada mas.
Nelson nous demande, por favor, de l'aider en faisant une banderole pour le carnaval de samedi. Bien, pour la toile, on trouve ce qu'il nous faut à Sangolqui mais pour la peinture verte, c'est plus dur. Depuis le début de l'année, nous sommes en panne de jaune. Je ne sais pas ce qu'ils ont contre cette couleur dans le pays mais impossible de trouver un pot d'un jaune décent. Tout le monde se casse le nez pour trouver de cette denrée rare. Parents, hermanitas, Sandra ou moi ... Grand mystère. Bref, je racle les fonds de pots pour faire un vert pas trop « vert Correa », comme on dit ici, couleur de la campagne du président (même si on l'aime bien). La voiture qui servira de char carnavalesque est décorée la veille, et encore le lendemain jusqu'à la touche finale ; guirlandes de PQ...
Le jour J, dans la vallée, il y a un bon paquet de chars. Le soleil -absent depuis 15 jours- est de retour ! On n'avait pas prévu une telle chaleur ! Les cariocas - bombe de mousse infâme dont on s'arrose les uns les autres en ces jours festifs - se vendent comme des petits pains. On en aura mangé de la mousse ce matin là ! Le truc est de désarmer son agresseur pour ensuite ce venger justement de l'affront. Ca c'était juste pour me défendre, je le jure ! Non, vrai qu'on a joué comme des gamins avec les trois, quatre Mirandeños venus soutenir le char du quartier... Et un grand bravo à nos 6 danseurs qui ont tenu le coup avec beaucoup d'énergie jusqu'au bout !
En images sur http://picasaweb.google.com/LaGuaq/Carnaval
Publié par cguaquiere à 16:09:19 dans Miranda | Commentaires (0) | Permaliens
Et voici quelques photos toutes fraîches d'hier! Myriam et Efrain se sont enfin dit oui devant Dieu, aprés trois tentatives déçues par de tristes circonstances. Dans la foulée, on baptise Erika (une de mes élèves) et son petit frère Alexander (du parvulo). J'en dirai plus plus tard, je vous laisse les images : http://picasaweb.google.fr/LaGuaq/MariageDeMyriamEtEfrain
Publié par cguaquiere à 16:58:03 dans Miranda | Commentaires (0) | Permaliens
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