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Miranda

quelques mots pour vous dire...

Blanca | 20 janvier 2008

Blanca va mieux, elle est dans une passe pleine de courage. Il lui faut d'urgence construire une maison parce que ce qui lui sert actuellement à cet usage est en passe de s'effondrer sur elle et ses trois enfants. Maria me conte ça samedi matin. Nous allons faire un tour sur le lieu. Et aux abords du chantier, nous nous arrêtons. 5 enfants sont en action avec Alex, 12 ans, aux commandes. Pioche, pelle et brouette sont bien trop lourds pour leurs petits corps mais comme des fourmis, ils se chargent à l'aide de sacs, d'un peu de terre et vont la jeter dans le fossé, un peu plus loin. Edith, 4 ans, ma chouchoute (chut !), traîne son fardeau en chantonnant joyeusement. A questionner les enfants, ils sont là à travailler depuis tôt dans la matinée. Alex, Edith et Omar, 7 ans, aidés de 3 cousins entre 3 et 10 ans. La maman, et tante, Blanca est partie travailler à la plantation. J'ai le cœur serré, pas le temps de rester plus longtemps à donner un coup de main, nous recevons le groupe Amor ce midi, et j'irais chercher du aji dans tout Miranda pour honorer le repas.

Le lendemain, par contre, -jour de minga (travaux communautaires) pour tout le barrio !- après une nuit de salsa sur Quito... Je retrouve Blanca et ses enfants sur le terrain à niveler. Il aurait suffit d'une petite pelleteuse une petite heure et le tour était joué mais 30 $ de l'heure, c'est inimaginable pour Blanca. Le travail à l'air sans fin, fait chaud, les brouettes sont chaque fois plus lourde et la terre plus collante. Ca me vaudra de belles ampoules et courbatures mais un beau moment partagé avec cette petite famille.

Publié par cguaquiere à 23:15:39 dans Miranda | Commentaires (0) |

Compagnon | 20 janvier 2008

Dans ma salle de bain au retour des vacances... Aberration du réchauffement climatique ?

Publié par cguaquiere à 23:14:12 dans Miranda | Commentaires (0) |

Changement de président | 20 janvier 2008

... De quartier!

Début d'années, nouvelles ambitions... Arrive enfin le moment qu'attendaient secrètement la plupart des habitants du barrio. Au cours d'une réunion de pas moins de 3h  -c'est la règle !-, les propriétaires de Miranda ont élu à main levée et à l'unanimité notre nouveau président, Nelson, ex-secrétaire del directivo. Nelson fraîchement choisi a nommé ses acolytes avec, grande surprise, une jolie proportion de femme. Notre Sandra, étudiante et seconde dans la classe de Maria est notre nouvelle secrétaire ! Miguel, toujours présent là où il y a un coup de main à donner, est notre vice-président. Ca s'annonce bien, avec une équipe qui se bouge ! 2007 est mort, vive 2008 !

Publié par cguaquiere à 23:13:01 dans Miranda | Commentaires (0) |

Rentrée | 20 janvier 2008

A peine rentrés, il faut se mettre au boulot les enfants ! Les amiguitos de San Juan viennent fêter les rois chez nous !

Journée superbe après plusieurs jours de froid et pluie qui nous ont fait craindre un nouveau report de la date. Finalement, malgré l'état du terrain, les amis ont pu monter jusqu'à nous !

Au programme de cette journée : ateliers tournants sur le thème des rois mages - Peinture, Contes, Musique, Jeux extérieurs et fabrication de couronnes-. A la fin de la matinée, partage des galettes ; faites maison par les amis de San Juan. Echange d'album travaillés en classe ; nous recevons « Baldomero (Calinours) va à l'école », et prêtons notre « La caja de Carlota ».

On s'embrasse, se promet qu'on se reverra très bientôt et la buseta repart sur les pavés cahotiques.

Publié par cguaquiere à 23:09:25 dans Classe | Commentaires (0) |

A la découverte de l'Equateur - Vers San Miguel | 20 janvier 2008

¡ Vive les vacances ! 

J'en ai mis des tartines à faire peur ! Et je n'en suis qu'à la moitié du périple... Ne lisez pas tout, je ne m'en vexerai pas ! Ca nous sert, à moi et Malo, de journal de bord. Pour ceux qui voudraient suivre, il faut regrader les film en parallèle pour avoir les images...

 

Nous voilà reparties, après une nuit bien sympa autour de notre épi de maïs de Noël. Chut ! Le voisin pourrait nous en vouloir...

Reparties, donc, à l'arrière de la camionette du voisin. Déjà t'es à l'arrière s'une camionette, sur une route qui n'en est pas une, mais en plus il  fait encore nuit, tu sens l'appel du p'tit dèj, il pleut et il y a du vent... Vive les vacances !

 

A Ibarra, nous arrivons un peu mouillés et gelés. Passons à la gare, vieillotte et pleine de charmes avec son petit entrepôt empli de tas de fruits et cannes à sucre. Délaissons Odile et Efra au terminal des bus, là nos chemins bifurquent. Et retournons à la gare où il n'y a toujours pas plus de candidats au départ. Malgré toutes les négociations possibles, pas moyen de faire partir le ferrocarril. Le manque de passagers rend le prix du trajet exorbitant. Dépitées, tout en respectant nos vieilles habitudes, nous prenons le bus.

Trajet splendide qui nous fera glisser, au fil des heures, d'une réalité à une autre. Le bus s'arrête de temps en temps pour délaisser un passager. Au milieu de nulle part. mais où va-t-il donc ? Puisqu'il paraît n'y avoir que de la pure montagne à des kilomètres à la ronde ?

Petit à petit, nous quittons les grandioses montagnes, la végétation se fait plus dense, plus exotique, plus pleine de fruits. Du poncho, on passe à la chemisette et au débardeur bien court pour les señoritas. De la peau couleur cuivrée, on passe par des variantes jusqu'au noir d'ébène. Du folklore indien, on passe à la salsa. Du froid à un air chaud, lourd d'humidité. Après les 5h de trajet, c'est dans un autre pays que nous semblons débarquer. La touffeur, la foule qui déambule sur les trottoirs de poussière, baffles énormes à tous les coins de rues qui crachent des airs qui se contrarient mais ça n'a pas l'air de contrarier...

On regrette presquer la froidure andine ! Par pitié, de l'eau, de l'air ! Nous en trouverons à « el muey », l'embarcadère ; Aaaah, ça y est, nous sommes sur la côte ! Superbe, avec les maisons en bois sur pilotis, les barques colorées, les jeunes qui plongent en plein rire du haut du ponton. Veinards. On se renseigne pour prendre la lancha (l'embarcation qui doit nous emmener à Limones) du lendemain et tombe sur le padre Juan, espagnol en mission Camboni, qui nous rend bien des services. Petite messe et première nuit avec ventilo, sous la moustiquaire. Etonnamment bonne la nuit.

 

Lendemain, nous sommes sur le muey à 7h. 5 passagers au départ pour Limones. Petit dèj à bord pour les deux touristes, trajet époustouflant, mer, mangrove et oiseaux immenses... Nos premiers pélicans ! Mais je passe, j'ai perdu toutes mes photos, ça me fait mal ! Arrivée à Limones à 9h. Chaleur est insupportable sous le soleil –Bien qu'il fusse encore tôt !- mais le petit pueblo de pêcheur est fascinant ! Nous déposons nos sacs dans une tienda et partons à la découverte de ce petit coin qui nous paraît paradisiaque. Au bout du village, vous trouverez une casa bien jolie avec les fenêtres en bambou qui font penser à des yeux de hiboux. Là, vit une famille avec des enfants en pagaille. Des neveux, cousins et tout ce qu'on veut. Adorable tripotée qui se fera un plaisir de vous emmener sur leur cancha de jeux... la playa ! Vamos ! Et à travers la mangrove, ils nous indiquent là où il faut passer. Evidemment, mes chaussures se souviendront qu'il faut obéir aux enfants. Chenilles, sifflets, crabes et conchas, la joyeuse bande se fait un plaisir de nous détailler le coin entre deux galipettes et des sourires pleins de dents blanches.

 

Retour sur l'embarcadère après une série de photos, que je perdrai... Et nous voilà reparties à midi et demi en lancha. On rentre un peu plus dans les terres par le fleuve, direction Borbón.. Là, paraît qu'il ne vaut mieux pas traîner trop longtemps. Juste de quoi terminer le bout de fromage qui croupit au fond du sac et quelques mangues écrasées.  On se prend à poétiser : Déjà t'es en vacances, alors quand t'es en vacances en vacances !...

 

A 15h, départ en lancha, toujours plus étroite, pour Santa Maria ; petite communauté sur le bord du Rio Cayapas. Ce soir, c'est Noël. On ne s'est jamais senties aussi proches de Marie et Joseph. Et, glissant sur l'eau, l'on poétise : Déjà, t'es sur une barque, dans la jungle mais en plus, c'est Noël, la nuit va tomber, et tu ne sais pas où tu vas dormir...

Mais le voyage est trop beau pour s'arrêter à ce détail. Nous sommes en train de vivre le coup de cœur de nos vacances. Ce fleuve et ses communautés n'ont pas fini nous nous trotter dans les rêves... Nous croisons les regards de Chachis, communautés indigènes bien fermées à tout ce qui pourrait tâcher leur culture (on le saura plus tard). Les pirogues vont et viennent guidés par des blacks à la sculpture parfaite.

Finalement, on arrive tranquillement à Santa Maria, communauté negra, à l'heure où le ciel commence juste à s'obscurcir et c'est avec beaucoup de gentillesse que Pastora nous accueille dans « l'hôtel » communautaire. Juste le temps d'aller prendre notre premier bain, de nuit, dans le rio - instants précieux !- et un repas fabuleux chez Pastora, avant la Noche buena. Nous passerons une nuit de Noël comme jamais, au son des djembés et des maracas. La fête se poursuit toute la nuit mais nous nous éclipsons. Le lendemain, Pastora nous préparera le petit dèj sans avoir fermé l'œil de la nuit... Quelques bananes du jardin pour la route.

La lancha pour San Miguel est tardive, elle part à midi. Nous avons le temps de faire le tour de la communauté. Comme des mômes à Disneyworld, on s'émerveille de tout, on s'arrête à chaque fleur, chaque cabaña, chaque visage. Sur la « place » se trouve un petit kiosque où dansent encore les plus persévérants. Il est 8 h du mat, Fabricio et Louis nous invitent à danser. Trop drôle. Premiers pas d'un semblant de salsa. Dingue ce qu'il fait chaud dans ce pays ! Match de foot, tour en pirogue, dernier bain dans le rio et on embarque sur la lancha pour San Mig.

Le fleuve se fait moins large et moins profond. L'acolyte du dueño de la lancha doit aider de temps en temps d'une grande perche quand il manque de fond. On comprend pourquoi les hommes sont si bien bâtis par ici...

 

On arrive à San Miguel une heure plus tard. Un escalier - bien trop grand, à mon goût, sous le soleil et le sac à dos- nous mènent au cœur de la petite communauté encore en train de fêter Navidad à coups de salsa. On nous prend véritablement en charge, sans qu'on ait demandé quoi que ce soit... A croire qu'on a des têtes de touristes ! On nous met une pipa dans les mains et Merline nous emmène par la suite de l'escalier jusqu'à l'hôtel communautaire. Autre standing qu'à Santa Maria... Terrasse de bois avec hamacs et vues imprenable sur le fleuve... De quoi pardonner largement le coup de l'escalier. On redescend pour encore se baigner. (Nous finirons par nous habituer à la chaleur mais à ce moment là, nous n'y sommes pas du tout !) puis remontons (Nous finirons aussi par l'aimer, cet escalier glissant aux marches irrégulières... Surtout de nuit, sans bougie, quand il pleut de ces pluies équatoriales tremendas. Les fesses de Malo s'en souviendront) et redescendons pour aller voir Jefferson, le président de la communauté (27 familles) qui doit nous dire tout sur la possibilité de faire un tour dans la forêt pluviale.

On voulait trois jours, on aura trois toutes petites heures... les pluies abondantes de la saison ne permettent pas un séjour dans la forêt. Pas grave, je reviendrai. Jefferson nous fait faire le tour de la communauté, en passant par chez lui où sèchent les fèves de cacao. Il nous présente Lucie, son épouse : « Une femme sans enfants » nous lâche-t-il calmement, comme si son malheur était lié irrémédiablement à son nom... Elle nous le confirme avec un grand sourire qui cache toute la douleur de son état. A ce que nous lui disons, Jefferson répond que ici, non, il n'y a pas de femme sans enfants. Ce n'est pas possible.

De retour au point de départ, on rencontre Mélissa, fille pleine de peps, volontaire autrichienne pour un peu plus de 2 mois ici, au fond du monde ! Elle nous dit ses difficultés et ses petits bonheurs aussi.

Je vais arrêter de raconter tout en détail... Je sais bien Grand-Mère que ça te passionne mais, à ce train là, je n'en finirai jamais !

C'est pour tant la partie du voyage qu'on a préférée. J'ai interviewé Malo un soir sur San Miguel :

En trois mots : Pipa, Gustavo, Mélissa

Et je n'ai même pas présenté le beau Gustavo, notre ange protecteur, pour calmer les gars un peu imbibés, chasser les serpents dans la forêt pluviale, conduire la pirogue, sur la lancha du retour à 2 heures du mat, garde du corps à Borbon, ville de tous les trafics. Dingue, il était partout à la fois.

 

Instant preferido : La balade en pirogue avec les enfants. Mélissa nous propose une balade. Elle interpelle quelques enfants qui ne se le font pas demander 2 fois pour nous accompagner. 3 garçons de 8/9 ans se joignent à nous pour la petite aventure.

Apprentissage du maintien debout dans l'étroite pirogue et du maniement des pales pour Malo et moi. Les enfants pilotent et chantent. On reprend comme on peut.

On s'arrête à ¾ d'heure de San Mig sur une plage Chachis. Les enfants courent se faire un tobogan bien glissant en déversant une bouteille d'eau sur la rive et dans la boue, s'éclatent à dévaler la pente. La Malo, Mélissa et moi nous laissons emporter par le courant et la magie du moment. Fraîcheur de l'eau après la lourde chaleur et les sueurs à n'en plus finir dans la forêt pluviale. Batailles d'eau avec les enfants, courses à contre courant mais c'est plutôt à qui saura éviter la marche-arrière...

On ramasse quelques cailloux pour se souvenir plus tard. Et c'est reparti. On n'oubliera pas non plus que là encore, on a croisé Gustavo sur sa pirogue !

 

Autre instant précieux : Soirée à la bougie après un délicieux repas partagé avec Mélissa, et le couple Janeth et David, une anthropologue et un photographe de Quito, habitués du coin, venus pour le mariage Chachi de la communauté d'à côté. Le sujet est passionant, Janeth en sait long et nous éclaire sur bien des choses.

 

AIP : Les moments passés chez le couple de profs. Elle nous montre son artisanat, lui, grand sourire aussi, questionne, raconte. Un repas nous est servi chez eux à l'heure de la sieste. Le hamac trône dans la pièce, elle agite son éventail et nous mangeons une soupe brûlante ! Que calor !

 

Instant incongru : Il y a certes des douches dans l'hôtel mais pas d'eau ! Nous allons donc, comme tout le monde au rio, avec la serviette autour de la taille et les godillos aux pieds. Pleines de charme ! Le 25 au soir, après quelques salsas, on s'éclipsent discrètement pour aller... se rebaigner. Il est proche de minuit. Fait bien noir, on passera inaperçues... Raté. De la salle des fêtes, quittée peu de temps avant, Mélissa nous lance un « Holà amiguitas ! » tonitruant. Et tout le monde se retourne sur nous.

Dans le genre, cheveu sur la soupe, on se souviendra aussi de ce bain pris au milieu de 5 femmes lavant leur linge... On ne pouvait pas attendre, vraiment trop chaud !

 

Autre instant incongru : Soirée du 25, on danse encore. Mais à peine la première salsa terminée, le DJ coupe la musique. Si on veut continuer à danser, il faut que chacun donne 20 centimes pour payer la gasoline du groupe électrogène.

 

Pour repartir de San Miguel, il ne faut pas rater l'unique lancha du jour. Elle part à 3h du mat. Bon. Mettons deux réveils plutôt qu'un. On resterait bien mais il faut absolument qu'on joigne les chicas de Riobamba pour passer le réveillon avec elles.

J'avoue que cette nuit là, j'ai un peu de mal à dormir. Il pleut des draches, je nous imagine en pleine nuit à écoper la lancha... Et puis, j'ai des soucis intestinaux. Je me lève d'urgence à 2h. Et dans le couloir de l'hôtel, je croise sur mon chemin je ne sais pas trop qui (un noir, dans le noir) qui me dit que la lancha est passée, partie un peu plus haut et va revenir d'un instant à l'autre. Houlà... Mais il n'est que 2h ? ! Bah oui.

Branle-bas de combat. Je réveille la Malo, on remballe et descend une dernière fois l'escalier.

Je suis malaâade. 5h horribles sur ce banc en bois sans pouvoir mouvoir quoi que ce fût. Il faut le mériter San Miguel !

 

A suivre, prochainement...

Publié par cguaquiere à 23:02:41 dans week-ends en vadrouille | Commentaires (2) |

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