Je devais aller d'urgence à San Juan pour rencontrer Virna et Béatriz et organiser la première rencontre entre nos élèves. Ce vendredi 28 novembre, je file donc à Quito pour arriver vers 15h. On m'avait bien dit qu'il y avait gars du Nord touriste/volontaire pour quelques temps. Je rencontre donc ce petit gars. Il m'a l'air bien sympathique, il a quelque chose qui me tracasse. Je lui demande son nom. Il s'appelle Planchez. Noooon ? ! Abrazo hermano ! Pierre n'est autre que le frère de Gabriel, pour ceux qui connaissent notre rebelle maintenant au séminaire. On papote donc et il m'annonce comme ça qu'il compte grimper le guagua demain avec Nestor. Moi qui pensais aller faire mon escalade mémère au Rocodromo, je change de programme !
Lendemain, départ donc pour le guagua. Oui, je l'ai déjà grimpé en avril dernier mais alors là... Rien à voir ! ! Mais vraiment rien ! Même le refuge était différent ! Le gardien était en train de passer une couche de peinture à l'interieur. Pour dire de redonner un petit coup de plomb aux poumons après tant d'air pur !
J'ai beaucoup pensé à toi Malo, à Caroline et à Pauline aussi, avec lesquelles on avait grimpé 7h durant dans les nuages et sous la flotte pour arriver sous la neige dans un froid dévorant. Cette fois, le temps est idéal ! ! On a atteint le refuge en 5h30 et on avait encore des jambes pour nous balader alentours jusqu'à grimper à la cruz pour le coucher de soleil ! ! A voir et revoir en photos sur Picasa. C'était GRANDIOSE ! !
Le départ se fait de Lloa à environ 3000 m et on atteint les 4600 au refuge. Il ne faisait pas vraiment froid dans nos duvets mais malgré tout, j'ai très mal dormi. Je crois que j'ai du mal à trouver le sommeil en altitude. On décide de se lever à 5h pour ne pas rater le lever du jour. Les gars on un peu de mal à sortir des plumes. Il a fallu chanter la Ricorée. Au moment de partir, le soleil est déjà bien là. Les photos du petit matin au mois d'avril sont bien meilleures que cette fois.
Forts de notre performance de la veille, on décide de grimper le padre encantado avant de passer par le ruccu pour redescendre ensuite sur Quito. Ce que l'on fit. Sauf que le chemin étant inconnu au bataillon, on a un peu lutter pour redescendre du Padre. Je suivais sagement Pierre lorsqu'il disparu dans une descente à la verticale. Heu... Pierre ? Tu es là ? Oui, oui, fais gaffe, c'est raide ! Ben oui, un peu. Moi je reste là. Avec le sac sur le dos et ma sale habitude des gamelles, j'attends de voir... Où sont donc passés Nestor et Diego ? On siffle à tous vents, pas de réponse. Un peu de patience. Les voilà qui passent en contrebas, un peu affolés par le chemin emprunté par Pierre. Et Pierre remonte tout suant de stress et d'effort. On est bons pour remonter encore et faire un petit ratour pour pouvoir descendre. Il faut voir les photos pour comprendre qu'il n'y avait vraiment pas como ni paso ! Le padre tombe à pic sur une bonne dizaine de mètres et c'est tout lisse ! Magnifique mais un tout p'tit peu dangereux. Et là, on voir les nuages arriver. On ne sait pas trop quoi faire. Les uns sont plutôt pour un retour en arrière sur le chemin de Lloa, l'autre, le Diego, est plutôt pour continuer vers le Ruccu. Et là, le Ruccu se dresse devant nous, le chemin bien visible jusqu'au sommet et je me souviens de la galère d'avril, à quatre pattes dans le sable... La sensation de vertige. La fatigue. Chuta, Il doit bien y a voir encore 3h de marche, je n'y arriverai pas. J'ai l'impression que Pierre pense la même chose. Mais on se met en route parce que ça urge, on ne rigole pas avec les nuages. Doucement mais sûrement, on avance et les nuages nous laissent tranquilles.
Finalement, c'est plus facile à faire qu'à voir. On est arrivés au sommet du Ruccu à midi et demi. On a mangé ce qu'il nous restait de vivres et on est repartis en courant dans la descente sableuse. A 15h, nous étions au téléphérique, le soleil se donnait à fond, et à 17h30, j'étais sous ma douche fraîche (la douche, moi, pas vraiment !). Trois sommets en une journée, c'est pas tous les jours !
En images - franchement à voir... sans vouloir crâner - sur http://picasaweb.google.com/LaGuaq/GuaguaPadreEncantadoYRuccu#
Publié par cguaquiere à 22:32:56 dans week-ends en vadrouille | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai deux élèves de plus. Depuis lundi, Carlos, notre autre petit rouquignon d'homme. L'an dernier, il était au parvulo, frère des jumelles pour ceux qui ont suivi. Parents alcooliques. Il est haut comme trois pommes, c'est difficile de lui donner son âge sans se tromper ! Il s'est vite habitué à la classe mais on part de loin... L'autre nouveau est vraiment nouveau. Je connaissais un peu la mère et surtout la grande soeur que j'ai eu en soutien scolaire très régulièrement l'an dernier. Il était tétanisé à son arrivée. Il a pleuré jusqu'à 10h et puis s'est un peu décoincé. Ça fait du bien quand ça s'arrête. Première année de scolarisation et sa mère dit qu'il est mal élevé... J'adore !
Au moment du goûter, on a entrepris, Ana et moi, de réviser un carnet de chants Latinoaméricains. On se pose à l'ombre de la chapelle, entourées d'une ribambelle de petits bouts et je gratte les accords, Ana chante jusqu'à ce que je chante avec elle. On enregistre sur mon dictaphone, pour dire de ne pas oublier du jour au lendemain. Deux par jour, ça commence à faire beaucoup... Les gamins nous réclament certaines chansons. On a chacun notre tube. Moi, c'est La Bocina, Domenica, c'est la Naranja... La petite Mélanie danse. Trop drôle !
Le comité de parents d'élèves veut organiser une fête pour l'anniversaire de la création du centre. C'est la fête patronale. Les inspecteurs inspectent même les fêtes, ici. Il faut avoir sa fête patronale. Bien, sauf que le groupito de parents représentants a demandé 10$ par famille pour cet évènement ! Quand on pense que la plupart des familles vivent avec 200$ par mois...Que j'attends encore la liste de fournitures de 4 élèves (pour ma pomme, bien sûr), que la moitié des parents ne paie pas ses 2, 50 $ mensuels... On est dans l'incohérence totale. Avec Maria, nous avons écrit une lettre aux parents pour citer un avis du ministère qui interdit la demande d'argent pour ce qui est extra scolaire. Bien écrite, officielle, tamponnée et tout, avec un joli petit dessin en prime, notre lettre. Les parents se sont réunis mardi pour l'organisation de la fête. Nous n'étions pas au courant mais nous nous sommes invitées. La señora Myriam vient « d'en bas » elle parle fort, pas comme chez nous à Miranda, où l'on use plus les yeux que la voix. Elle n'hésite pas à couper la parole quand ça ne lui plaît pas. Les autres se taisent et finalement abondent dans son sens. On ne sait pas trop ce qu'ils veulent prouver en mettant ces 10$ dans un bal et deux cochons. C'est troublant. Je leur ai offert de les aider à préparer des jeux pour les enfants, une présentation de photos rétrospectives. Une maman a raconté certaines fêtes d'école où les parents se déguisaient ! Super sympa ! Pas l'air de plaire. Non, ils veulent un bar, un repas, un bal avec banda (genre de fanfare folklorique). Le seul argument de la señora est que dans les autres écoles, même publiques, ont leur demande 5 à 10$ pour Noël et la fête patronale. A savoir s'ils trouvent ça normal, personne ne répond. Dur d'ailleurs d'avoir du répondant. Les choses se disent en silence ici et moi, je suis nulle à ce jeu là. On a soutenu tant qu'on pouvait notre thèse, les choses ont viré à certains moments pour revenir chaque fois aux 10$. On a bien martelé qu'il ne sera pas possible d'exiger cette somme et qu'ils ne recevront que peu... Mais ce n'est pas à nous de décider. Il y aura du ressentiment dans cette histoire, de la part de ceux qui exigent comme de ceux à qui l'on demande. Elle commence bien cette fête... A suivre.
On est en effectif réduit pour 15 jours. On enchaîne à fond, la journée commence entre 5h et 5h et demi (Ah non, ce matin, j'ai oublié de mettre mon réveil ! 6h ! ! Wah la panique !). On a repris les almuerzos le midi, ce qui veut dire qu'on a le nettoyage du comedor ensuite : tables, sol, chaises en plus de nos classes respectives et des toilettes. On déjeune tard. On reprend tôt parce que c'est reparti pour le soutien scolaire. Ca m'empêche d'aller voir les mamans pour la stimulation précoce. Mais je suis contente de pouvoir aider ces bouilles reniflantes. Pour l'instant, je suis la seule dispo pour l'aide aux devoirs. Maria ou Ana me dépannent si besoin quand il y a du monde ou quand c'est un problème de syntaxe ou vocabulaire... Il y a encore bien des choses qui m'échappent ! Au milieu du tintoin, je colle des trucs dans le cahier de mes élèves, je prépare du matos... C'est chaud chaud. Et après l'étude, la nuit tombe, les mamans ne sont plus du tout dispo parce qu'il faut préparer la popote. Je n'ai réussi à faire qu'une seule visite.
Hier à 20h, on nous amène Esteban pleurant de douleur, pour l'emmener chez le dentiste. Deux molaires arrachées. Après la réunion inattendue, c'était le clou. On a zappé la prière. Aujourd'hui, - j'ai pris le tour de cuisine/vaisselle - en train de préparer la soupe du soir, je dois m'interrompre entre l'oignon et la patate parce que Jessica n'a pas pu venir avant. Jessica, c'est la sœur de Jorge, vous voyez qui bien sûr, elle est avec Lisette, sa sœur. On ne peut pas leur refuser. Elles auront en prime un chocolat chaud et un sandwich au fromage. Pendant la vaisselle, Ana m'apprend des pas de danses folklorique ; L'eau s'est refroidie, nous on s'est sacrément réchauffées ! Non, sérieusement, on a vraiment dansé. Comme si on n'avait que ça à faire... Non, mais pour tout dire, on veut se lancer dans une activité danse inter-groupe. Voilà... Je suis justifiée.
Il me reste le soir pour faire mes devoirs de maîtresse d'école. Je les fais mal parce que j'ai envie de faire autre chose, genre écrire mon blog, jouer du charango, dessiner, danser ou dormir. Alors je me lève tôt, voire très tôt pour improviser quelque chose d'intelligent.
J'espère que je n'ai pas trop de formateurs qui me lisent...
Mais en fait, ça me plaît. On dort bien après des journées comme ça ! Oh ben, j'ai été bien bavarde ce soir... Il est taaard!
Publié par cguaquiere à 01:19:04 dans Classe | Commentaires (0) | Permaliens
Ben oui, il sert un peu mon matos d'escalade. Un peu d'exercice avant le Sincholagua, ce sommet qui me drague tous les matins quand je mets le nez dehors !
Publié par cguaquiere à 00:44:35 dans week-ends en vadrouille | Commentaires (0) | Permaliens
Ca y est, je l'ai ! Il a chanté bien peu pour l'instant mais il est bien là ! Depuis dimanche, j'héberge un charango ; cet instrument, né dans les Andes. Je meeeeeurs d'envie de l'apprivoiser ! A ver si j'arrive à lui dédier assez de temps. Les projets vont bon train, entre 13h30 et 14h, j'ai eu le temps de l'accorder et gratouiller deux accords ce mercredi. Ce soir, j'ai peur d'embêter les voisins...
Publié par cguaquiere à 00:43:18 dans Arrivee | Commentaires (0) | Permaliens
Diego doit repartir pour Quito, moi je reste encore pour une nuit chez ses parents. C'est drôle, non ? La maman me questionne maintenant, à savoir si je suis célibataire, depuis quand je connais son fils. Elle est assez subtile je dois dire, C'est à peine lourd... Et moi, j'ai l'art de changer de sujet. Pauline et Caroline me diront si elles ont eu droit aux mêmes discours quand elles sont passées chez eux ! Le lendemain, après un savoureux petit dèj, la maman me donne un tas de fruits et je m'en vais pour la maison de formation indigène où à lieu la rencontre des Français. On se retrouvent, ou se rencontre. Nous y seront 14 : 5 de chez Ahuana, le padre, Catherine, Clotilde, Pierre et Marie-Caroline. 3 de Riobamba : Emilie, Liliane, Ines. Monique de Puning, Odile à 20 minutes de Riobamba... en mobylette. Anne-Paule qui vit à Riobamba et travaille à Quito 3 jours par semaine ! Pierre, prêtre à Nueva Loja, grosse ville d'Amazonie. Annick du Cañar.
On se présente. C'est trop long de tout dire. C'est bien moi la secrétaire de la rencontre mais je n'ai pas encore tapé le compte-rendu... Mais c'est vraiment génial d'entendre les missions des uns et des autres. Dans quoi chacun s'investit, à quoi il se heurte, ce qui le motive...
On a bien pris le temps d'écouter chacun et ensuite, on a fait le point sur ce qu'on a pu observer au niveau des changements du pays, économie, politique, église... Les + et les -. Pas toujours super motivant là, je dois dire... La situation s'améliore dans un sens pour mieux sombrer dans l'autre. Enfin, on est quand même repartis de là en se disant que on n'était pas tout à fait là pour rien ! C'est déjà ça... La prochaine rencontre se fera, comme de coutume, à Pâques, et devrait avoir lieu près de Manta sur la côte Manabi. On va a la playa pour une semaine ! Top !
Oh... J'oubliais l'anecdote... Evidemment, il a fallu que je ferme ma porte en laissant la clé à l'inté rieur : Et pour bien clouer le tout, le double ne fonctionnait pas. Avant de défoncer la porte, on cherche une autre solution. On nous indique deux èchelles, une immense et une trop courte. Il manque la bonne mais vive les séances d'escalade,
Publié par cguaquiere à 19:49:22 dans week-ends en vadrouille | Commentaires (0) | Permaliens
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