Baños
La rencontre du CEFAL a lieu cette fois à Baños. Du lundi 10 au mercredi 12. J'en profite pour passer le week-end par là, histoire de voir du pays avant ces 3 jours enfermés dans une classe.
Diego est de là-bas, va falloir que je dresse un petit portrait du personnage ! Il m'invite chez ses parents. Trop sympa ce petit week-end dans une famille équatorienne ! Il y a le père, la mère, la sœur, les neveux et nièces. Des deux nièces, il y en a une d'une autre sœur de Diego qui vit en Italie et a confié son petit bout à ses parents. Deux ans déjà... Famille typique, donc.
On mange bien et beaucoup chez la maman de Diego. Le papa me parle de son passé ouvrier dans l'Amazonie, de ses fruits et légumes, d'un tas de trucs qui m'en apprennent. La maman n'aura de cesse de me dire qu'elle a bien nourri ses enfants, qu'elle les a bien élevés, que Diego est très intelligent, sait faire la cuisine, la vaisselle etc... bref, elle voudrait bien caser son fils. Cela dit, elle est charmante, et je ne pense pas lui avoir laissé croire que. Je suis vraiment nulle parce que je n'ai pas pris de photo de famille.
Enfin... Nous voilà donc à Baños, à 23h, parce que le Diego, à Quito, est sorti tard du boulot. Grosse surprise pour moi : Je n'ai qu'un léger pull en sortant du bus et je n'ai pas froid ! ! Zut, j'avais oublié qu'on était au bord de l'Amazonie ici, à seulement 1800m d'altitude ! Il fait doux, et je n'ai pris que des vêtement chauds !
Samedi, petite balade à la maison de l'arbre, en passant par
Fait super chaud ce jour là. Diego se marre de me voir suer à grosses gouttes. Je dégouline ! Enfin, de là, on redescend, en passant par
Au retour, superbe almuerzo - déjeuner - à la maison. Nous repartons plus tard pour les piscines de
Lendemain, à 5h du mat, on se met en route pour tester les bains del Salado. Maria s'inquiétait de savoir s'ils étaient ouverts au public. Je m'en vais m'enquérir de ce pas. Non seulement ils sont ouverts mais ils sont gratuits ! En juillet, la montagne s'est affaissée sur les piscines du Salado, elles sont donc en cours de réhabilitation. Il n'y a pas de cabines mais les bains sont refaits. L'eau, ce jour là est insupportablement chaude pour moi. Je préfère la piscine d'eau froide.
On emmène ensuite Bryan, Hilary et Nicol, neveux et nièces de Diego, au zoo écologique. Drôle quand même, un zoo écolo... Les animaux y sont enfermés comme dans n'importe quel zoo mais bon, on nous dit pourquoi ils sont en voie de disparition. Et s'il disparaissent, il y en aura toujours à voir par ici ! C'est quand même sympa de voir les animaux emblématiques du pays. Les condors, pumas, ours... Ces derniers ont fait un petit malgré leur capture. C'est bon signe, non ? J'en ai profité pour faire quelques croquis. Enfin, les petites étaient crévées en rentrant, on les a eues ! !
Publié par cguaquiere à 19:36:08 dans week-ends en vadrouille | Commentaires (0) | Permaliens
Après avoir remis sur le tapis mes ateliers de stimulation précoce, je dois dire que je n'ai pas eu beaucoup plus de succès. Les mamans continuent de me dire que si, elles sont intéressées et si, elles vont venir mais non, elles ne viennent pas, mis à part ma fidèle Inès qui vient avec sa petite Mélanie. Maria m'a dit qu'Inès n'était pas originaire de Miranda ce qui expliquerait son ouverture à ce genre de chose. Inès elle-même me dit qu'elle en parle à ses belles-sœurs mais qu'elles n'y voient pas d'intérêt. Ca motive. Le constat est donc qu'il y a tout un travail à faire au niveau de la prise de conscience de l'importance de l'éducation dès la naissance. Prendre conscience que c'est une montagne de gagnée pour le futur petit écolier.
Je compte changer de méthode aujourd'hui. Alors, comment vois-je les choses ? L'idée est d'aller avec ma besace dans les maisons. Maria s'est enthousiasmée à cette idée et m'encourage. Elle m'a donné un tas de noms de jeunes mamans. Le premier pas sera d'abord d'entrer en contact avec ces mères esseulées, surtout celles qui restent à la maison et voient peu de monde. Moi, je voyais en intérêt numéro 1, la stimulation des bébés, Maria y voit, par le biais de la stimulation précoce, un moyen de sortir des mères de leur silence. Intéressant ce déplacement d'objectif, non ?
En tout cas, ça me motive à fond. Je ne sais pas du tout comment je serai accueillie mais le jeu en vaut la peine. Affaire à suivre...
Publié par cguaquiere à 19:26:25 dans Miranda | Commentaires (0) | Permaliens
Week-end de trois jours ces 1, 2, 3 novembre. Jour férié pour la traditionnelle fête des morts où les gens visitent leurs morts au cimetière, leurs apportent leur nourriture favorite, font la colada morada et les guaguas pan. Pour nous, trois jours de marche sur les pas des Incas en suivant le célèbre bout de chemin qui mène aux ruines d'Ingapirca. Lieu sacré des cultures indigènes bien avant que les Incas ne le reprennent à leur compte. Trois jours à suer et à claquer des dents, nous sommes dans le pays des extrêmes !
Le groupe est constitué de Nick, Florian, Bart, Daniel, Paulina, Pablo, Mario, Diego et Emmanuelle (notre guide) et moi, aussi.
Alors voilà, nous partons pour Riobamba puis Alausi et de Alausi nous prenons un camion qui nous mène à Achupalla. De là, on arrime nos sacs, on aiguise les semelles, on prend son souffle et on commence à monter. Au début, on - là le « on », c'est moi - sent le manque d'exercice des derniers mois... nous sommes déjà à 3300 mètres quand commence la balade. Je le sens malgré une vie sans tabac ! Le corps s'habitue vite, il supporte plutôt bien les 15 kg de matos dans le dos, le dénivelé positif et la pluie plus ou moins drue qui nous tombe dessus. Nous étions 10 au départ de Riobamba, nous continuerons à 8 trois heures plus haut. La Pauline est venue avec des chaussures-sopalin, super absorbantes, et ne peut pas continuer dans ces conditions. Bart l'accompagnera. Je lui laisse mon Lonely Planet histoire de trouver de quoi faire avec des bottes qu'elle trouvera sûrement sur le marché. Elle a bien fait de redescendre parce que la région est particulièrement spongieuse. C'en est impressionnant. Trois jours avec des bruits de sprouich, floutch à chaque pas. Moi trop contente, j'ai les pieds secs, ça me change de l'an dernier ! Je testais là mes nouvelles pompes Quechua. Merci Décathlon ! Il faut tenter de saisir l'ambiance, les photos vous y aideront mais il manquera ce froid humide qui vous pénètre jusqu'aux os si jamais vous voulez faire une petite pause. Le paysage est embué dans un épais brouillard strié de pluie pour boucher le tout. Le vent vous balaie la nébuleuse et rend l'atmosphère mystérieuse, un peu celtique j'aimerais bien savoir jouer de la cornemuse et en avoir une dans mon bardas-. C'est beau. Très beau. Et on a vraiment l'impression de relever un défi à patauger dans ce coton. La veille, j'annonçais à la Dilo que je dédiais cette marche à mon filleul Achille. Plus qu'un don, cette dédicace m'aura sans doute sauvée !
Parce que, l'âne mort sur mon dos n'était pas d'une grande aide. Au bout de deux heures de marche, il commence à me gêner sérieusement. Après 3 heures, je n'en peux plus et à chaque pas de me dire intérieurement : « Bon sang mais qu'est-ce que je fous là ? ! ». Je me suis vraiment traînée jusqu'en haut mais finalement, nous arrivons dans les temps. Heureusement d'ailleurs parce que, si vous faites bien le calcul, 6 heures de marches en partant à midi, ça vous fait arriver à la tombée de la nuit. Un petit stress qui fait avancer l'âne. Nous avons raté la laguna à cause des nuages, nous nous sommes donc retrouvés plus haut que prévu. Juste le temps de monter la tente sur l'endroit le moins détrempé et hop, dans le duvet.
Désolée les copains mais moi, je ne fais plus rien. Le froid vous prend ici dès que vous cessez de marcher et je n'étais plus qu'un gros glaçon claquant des dents, m'y prenant à 10 fois pour planter une sardine dans le beurre de cette montagne. Et ça ne nous a pas pris 10 minutes pour monter la tente ! Une fois les tendeurs tendus, je ne demande pas mon reste, ne pense plus qu'à trouver un moyen de me réchauffer. M'ôte toutes ces fringues lourdes d'humidité et me glisse dans mon duvet. Même pas eu le courage de manger .
Le lendemain, après une bonne nuit de repos - Un tour d'horloge bien au chaud, pour moi -, nous repartons dans les nuages. Les 900m de positif de la veille nous ont menés bien haut et le paysage est magnifique. Au plus haut, nous atteignons quelque chose comme 4500 m, c'est pas mal pour une remise en route. Le temps restera maussade jusqu'à notre arrivée au lieu de campement. La question est : n'avancerait-on pas plus ?, il n'est qu'une heure de l'après midi et on a encore de quoi dans les jambes. La guide refuse, on ne trouvera pas d'autre lieu pour installer les tentes. Bon, résultat : le soleil se montre, généreux et me donne grande envie d'un bon bain dans la cascade qui tombe à grands fracas 200m derrière nous. Evidemment, les mecs ont la même idée que moi et se pointent en troupeau quelques minutes plus tard. Ils ont la gentillesse de me laisser le bas et de grimper tout en haut pour prendre carrément une douche. Comme si je ne voyais rien d'en bas... Trop drôle. Merci à Florian et Mario pour le spectacle. J'aurais même les photos en prime au cas où je n'aurais pas bien vu, aucun complexe ces Allemands. Après ça, on se refroidit bien vite mais pas autant que la veille, heureusement. On sort les casseroles et tout le monde participe à la cuisine. Vraiment très sympa ce moment autour des gamelles. Le temps que ça mijote, on a droit à un superbe coucher de soleil du bout de nos ruines. Ca me fait chanter, on est tous béats, contents d'être là tout simplement. On se souviendra du savant mélange de petits légumes aux oignons de Emmanuelle et de la sauce « Alfredo » de Pablo « Vous connaissez ? ». Oh oui, mantenant on connaît ! Fameux pour les grandes faims !
On se couche tôt parce que le froid ne nous permet pas de jouer aux cartes même pas sûre qu'on ait eu des cartes...- La vaisselle dans l'eau glacée de la cascade nous a raidi les mains. Le froid est encore plus rude que la veille, maintenant que le ciel est dégagé. J'ai du mal a dormir.
Lever à 5h moins le quart le lendemain. Pour les dernières heures qui nous séparent d'Ingapirca. Je laisse ma tente à Pablo et Diego qui se la partagent maintenant qu'ils n'ont plus de nourriture à transporter. Je me sens toute légère et le pauvre Pablo, lui, traîne la patte. Hihi ! C'est vraiment pas drôle, le pauvre... Ce dernier jour est un vrai bonheur. Le soleil se donne à fond et le chemin est très facile. La population de ce bout de Cañar m'étonne d'être encore si farouche. Il doit passer tant de marcheurs par ce chemin que je suis toute surprise de voir fuir devant nous des garçonnets de 7 ans. Diego doit leur crier après pour qu'ils daignent s'arrêter dans leur fuite, à cheval sur la barrière, pour nous indiquer le bon chemin.
Après 4h et demi de marche, nous sommes déjà arrivés. La vue sur les ruines nous remue. Tout ce chemin parcouru et enfin ! ! Ils ont bon dos et bon moral les Incas, parce que eux n'avaient pas la tente et les pompes adéquats... Enfin voilà, notre station à Ingapirca fut très brève puisqu'on doit rentrer d'urgence à Quito. Les bus sont bondés. On passe près de deux heures debout dans le bus avant de pouvoir s'asseoir. Il est midi moins le quart quand on part d'Alausi, il sera plus de 20h à notre arrivée à Quito. Dodo sur place pour ma part, plus question de rentrer à Miranda à cette heure là. Ca ne me réjouit guère de devoir me lever à 5h et renfiler ma charge dorsale pour être à l'heure dans ma classe le lendemain mais voilà, Miranda, c'est encore la campagne. Le truc drôle c'est que Mario habite le même immeuble que j'ai tant squatté l'an dernier quand Pauline y habitait ! ! Je poursuis le squat, dans un autre appartement. Sympa. Je récupère les photos dudit Mario parce que mes piles ne se chargeant plus, je n'ai qu'un tiers du périple en images. A voir sur http://picasaweb.google.com/LaGuaq/ElCaminoDelInca#
Enfin voilà, ce petit bout de chemin c'est pour toi Achille. Une vraie métaphore de la vie, dans laquelle on se lance corps et âme, rempli de curiosité, d'énergie. Chemin où parfois on se demande ce qu'on fout là, où l'on sue et souffre. Parfois c'était trop lourd à porter mais heureusement, il y avait les autres pour encourager. A d'autres moments, ce fut le contraire, à moi de soutenir. Mais il y a toujours cette constante : sentir la vie ! Et quand c'est le pied, on n'en peut plus de bonheur ! !
A suivre en images sur Picasa http://picasaweb.google.com/LaGuaq/ElCaminoDelInca?feat=directlink - fameux!
Publié par cguaquiere à 19:12:52 dans week-ends en vadrouille | Commentaires (1) | Permaliens
Le 2 novembre, on fête les morts. Si en France, on préfère fêter les Saints, ici, on fête les morts. Et ce n'est pas une timide chrysanthème qu'on dépose au bord de la tombe, non, ici, on fait vraiment une fête familiale, et on a droit à un jour férié !
Moi ça me plaît bien, ça permet de parler des morts en classe. Et les petits bouts racontent que tel ou tel autre de la famille « Se fue al cielo », « S'en est allé au Ciel ».
Fidèles à la tradition nationale, nous avons réalisé notre petite fête des morts à l'école. On a travaillé autour du projet pendant une semaine, on a réalisé les guaguas pans (petits mort en pâte à pain) et Maria nous a fait une délicieuse colada morada (Boisson à base de fruits rouges et d' ananas épaissie à la maïzena). Il y en avait partout dans la classe le jour de la préparation des pains mais c'était drôle ! Surtout pour les enfants... Uhm. Maria et Ana ont préféré faire elles-mêmes la pâte d'avance. Moi je ratais mon projet de classe si je ne la faisais pas faire par mes petits bouts. On a d'abord mouché les nez, coupé et brossé les ongles, remonté les manches, on a ensuite mesuré les ingrédients et ensuite, on a plongé avec délice les mains dans le tout. Il fallait entendre les cris de Jorge ! ! Un vrai bonheur !
Le jour J, nous nous sommes retrouvés dans la chapelle pour chanter et prier pour tous ceux de nos familles qui sont morts. Ensuite, on s'est retrouvés autour de nos guaguas pans et de la colada morada pour un moment savoureux. A suivre en images sur http://picasaweb.google.com/LaGuaq/GuaguasPan#
Publié par cguaquiere à 19:07:39 dans Classe | Commentaires (0) | Permaliens
Ah oui, on a passé 4 heures sous le soleil et les pieds dans la boue dimanche matin. Histoire de dégager les fossés pour l'arrivée des grosses pluies. En images sur http://picasaweb.google.com/LaGuaq/MingaJeNeSaisPlusCombien#
Publié par cguaquiere à 23:50:01 dans Miranda | Commentaires (0) | Permaliens
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